Sophie Marini, archéologue spécialiste de l’Antiquité classique, a soutenu une thèse intitulée « Grecs et Romains face aux populations libyennes. Des origines à la fin du paganisme (VIIe siècle av. J.-C. – IVe siècle ap. J.-C.) » à l’université Paris IV-Sorbonne en 2013. Membre de la mission archéologique française en Libye depuis 2001, elle a participé à de nombreuses prospections archéologiques en Cyrénaïque et en Marmarique occidentale.

Grecs et Libyens en Cyrénaïque dans l’Antiquité – Aspects et vicissitudes d’un rapport millénaire

Longtemps relégués à un rôle secondaire dans les études consacrées à la Cyrénaïque antique, les Libyens et les relations qu’ils ont entretenues avec les Grecs, puis les Romains, n’avaient été envisagés que sous le prisme de l’hellénisation et de la romanisation. De l’arrivée des Grecs en Libye au VIIe s. av. J-C jusqu’à la fin l’époque romaine : dix siècles d’échanges et d’interactions. En s’inscrivant dans le cadre de l’évolution historiographique qui, dans ces dernières décennies, s’est consacrée davantage à prendre en considération les deux acteurs de l’interaction, l’objectif ici est de comprendre comment la rencontre de deux milieux hétérogènes, restés en contact pendant plusieurs siècles, a donné lieu à des influences réciproques. 

Élément invisible du paysage cyrénéen, l’enquête s’est mue en une véritable chasse aux fantômes. Jamais sans doute l’étude des relations entre Grecs et indigènes ne semble aussi difficile à caractériser. Entre monde sédentaire et monde nomade, culture de l’écrit et traditions orales, la frontière est palpable et pourtant presque insaisissable.

L’état des lieux sur les connaissances de la Libye d’alors..